La salle de bain.
La porte resterait fermée. Quoi qu'il y eut derrière Géraud ne voudrait plus l'ouvrir. Les remords confondus à la tristesse joindraient le poignet du marin à la poignet de la porte. Le loquet ne tourneraient pas mais nul n'ouvrirait. Deux gants et une serviette, l'absurdité ondoyante glisserait sous le battant.
Le miroir ne renverrait pas l'image nette de la scène. S'interposerait la réflexion, profonde et muette, immobile et floue.
Le néon diffuserait une lumière crue, le miroir infidèle n'aurait de cesse de déformer et tordre. La conduite d'évacuation de l'eau du lavabo suinterait. Il n'y aurait pas un goutte-à-goutte mais juste un filet méandreux d'eau claire, transparente et froide jusqu'au syphon. Ensuite le tuyau s'érigerait, l'eau tomberait alors goutte par goutte pour s'abattre sur le sol carrelé blanc et rouge de la salle de bain de la chambre d'hôtel réservée pour l'occasion - le père de Géraud fêterait son anniversaire ce jour, 73 ans le 22 juillet 2005 - une chambre simple qui donnerait sur la forêt en arrière de l'établissement. Depuis que Géraud aurait découvert sa chambre il entendrait cette eau sourdre.
Enfermé dans la salle de bain, une douche demanderait bien peu d'effort et de volonté. Un bain serait plus apprécié, il y a des échantillons de gel douche et de shampoing avec une fleur bleue dessinée sur l'emballage aluminé. Ce ne serait pas franchement un joli emballage, la fleur présenterait un trait grossier et naïf, pas même enfantin simplement anti-artistique. Pourtant, on pourrait dire que ces échantillons laiseraient à celui qui les tiendrait en main le sentiment vif et cependant mitigé de devoir impérativement les utiliser : discipline d'économie - Géraud aimerait à utiliser tout ce qui lui serait offert, et ces échantillons ne seraient pas réellement offerts mais entreraient évidemment dans les prestations hôtelières - ou simple réussite marketing - ce que quiconque jugerait incongru.





