samedi, juin 24, 2006

La salle de bain.

La porte resterait fermée. Quoi qu'il y eut derrière Géraud ne voudrait plus l'ouvrir. Les remords confondus à la tristesse joindraient le poignet du marin à la poignet de la porte. Le loquet ne tourneraient pas mais nul n'ouvrirait. Deux gants et une serviette, l'absurdité ondoyante glisserait sous le battant.
Le miroir ne renverrait pas l'image nette de la scène. S'interposerait la réflexion, profonde et muette, immobile et floue.
Le néon diffuserait une lumière crue, le miroir infidèle n'aurait de cesse de déformer et tordre. La conduite d'évacuation de l'eau du lavabo suinterait. Il n'y aurait pas un goutte-à-goutte mais juste un filet méandreux d'eau claire, transparente et froide jusqu'au syphon. Ensuite le tuyau s'érigerait, l'eau tomberait alors goutte par goutte pour s'abattre sur le sol carrelé blanc et rouge de la salle de bain de la chambre d'hôtel réservée pour l'occasion - le père de Géraud fêterait son anniversaire ce jour, 73 ans le 22 juillet 2005 - une chambre simple qui donnerait sur la forêt en arrière de l'établissement. Depuis que Géraud aurait découvert sa chambre il entendrait cette eau sourdre.
Enfermé dans la salle de bain, une douche demanderait bien peu d'effort et de volonté. Un bain serait plus apprécié, il y a des échantillons de gel douche et de shampoing avec une fleur bleue dessinée sur l'emballage aluminé. Ce ne serait pas franchement un joli emballage, la fleur présenterait un trait grossier et naïf, pas même enfantin simplement anti-artistique. Pourtant, on pourrait dire que ces échantillons laiseraient à celui qui les tiendrait en main le sentiment vif et cependant mitigé de devoir impérativement les utiliser : discipline d'économie - Géraud aimerait à utiliser tout ce qui lui serait offert, et ces échantillons ne seraient pas réellement offerts mais entreraient évidemment dans les prestations hôtelières - ou simple réussite marketing - ce que quiconque jugerait incongru.

lundi, juin 19, 2006

Un bel auteur.

Ne pas "skipper" l'intro. Dorénavant un de mes préférés.

http://tondelli.comune.correggio.re.it/database/correggio/tondelli.nsf?OpenDatabase

samedi, juin 17, 2006

Le boulot quel cinéma !

Je suis maintenant dans cette entreprise depuis trois semaines. Après avoir vécu sous les néons de la cave pendant les deux premières semaines, depuis 4 jours je suis dans les bureaux. C'est beaucoup plus animé que dans ma cave où j'écoutais toute la journée France Q. Après avoir déblayé la cave, j'ai visité le secrétariat général et maintenant la compta. De loin ce dernier poste est le plus amusant; le secrétariat de direction est mené par la jolie Emanuelle, jeune mère de deux enfants alors qu'elle semble ne pas avoir 25 ans, dynamique et très gentille : seulement elle ne dit pas un mot. Très sérieuse et appliquée. La compta c'est tout autre chose : la chef comptable, grande femme qui vient en moto, qui hurle dans les couloirs, son bureau. Appelée le Dragon par les salariés. Elle commande quatre comptable; très bonne ambiance. Hier, la compta est fermée jusqu'à 11h pour permettre de bosser : "la sixième de la matinée" dit avec son ton habituel la chef comptable...la fille visée est une hystérique de première, qui court de dépression en dépression, secretaire appliquée à la voix suraiguë et désagréable au possible. Elle se met à courir vers la porte après avoir déchirer son papier ( un paiment "urgent" dit-elle), en beuglant qu'on ne lui a même pas laissé le temps de s'expliquer. Elle est allé se réfugier dans son bureau au rez-de-chaussée pour pouvoir cracher et fulminer sur la chef. Et de 10h30 à 18h ce n'a été que ressasses, mots, etc. sur cette "affaire". Le cadre qui vient dire qu'il fallait prendre cette secrétaire avec des pincettes vu son état mental. Certains qui parlent d'agressions. L'Elisabeth qui marmonne, je vais tous les tuer je vais tous les tuer. Journée où je reste "hilare" (qualificatif sur ma personne de la directrice :) ). Enfin, conclusion dans cette boite les femmes tiennent le navire (directrice et chef des services et chef compta) les hommes cadres sont lâches, mous, le cul entre deux chaises (soutenir son équipe ou son cadre). La vie d'entreprise c'est drôle mais fatiguant.

lundi, juin 12, 2006

Oh ! pardon.

Père.

Si puo' dire che suo padre è un cretino.

vendredi, juin 09, 2006

Coeur.

Je continue de bosser. Deux semaines maintenant. Plus de temps pour aller sur msn. Plus de temps pour pas grand-chose. Le week-end est là. Trois jours puisque je ne travaille pas le lundi. Quelle bonne nouvelle ! Espérons qu'il fasse beau ces trois jours. Piscine, bronzage et bouquins au rendez-vous. Demain je vais voir le médecin pour mon coeur. Que va-t-on me trouver encore !

lundi, juin 05, 2006

En attente.

Trois jours que je dois passer seul à la maison. Reste avec moi, Opium, la télé, la radio et le portable. Seul appareil qui me "lie" à des personnes puis que le téléphone n'a toujours pas été réparé et par conséquent l'internet non plus. Portable bien pratique; j'ai joint le gîte, Adrien pour qu'il me tienne compagnie par voie -voix- de SMS, Emilie à qui j'ai donné rdv demain inconsidérément. Bien sûr que je suis content d'^tre avec elle, heureux même en sa présence mais devoir faire toujours le chemin sans qu'elle ne fasse rien elle-même me décourage souvent ou pis me rend toute mon ametume des années "lycées". Bref cette relation mourra pal, c'est certain. A l'épreuve du mariage de nos trente ans.
Il est mieux que je laisse cette histoire. En fait je comprends chaque jour un peu plus que je ne suis pas aussi solitaire que je ne veux l'affirmer, le clamer, le gueuler. je n'ai pas besoin il me semble d'ue présence matérielle à mes côtés mais un présence proche qui saurait quand venir. Hier encore, j'ai eu cette angoisse que j'avais ressentie la première fois au mois de décembre : serrement, étouffement, besoin de voir, de vivre. En décembre ce fut Men In Black II, hier une vidéo compilant des enregistrements de vacances par mon oncle. Des bouffées de plaisir,de éclats de rire. Ce que je prends à tort pour de l'ennui profond mais extrêment rare puisque je en souffre pas de ne rien faire du tout, est bien de la souffrance face à la solitude. Désir d'être, quelques instants, avec quelqu'un, quelques jours. Pas longtemps, un moment qui m'empêche de tomber de ce côté douloureux. C'est à ce moment là que, j'ai écrit à Emilie, lui demandant de la voir ce week-end. Elle me réponds, je lui renvoie lundi c'est bien pour moi. Tout en disant je viens te voir je lui dis oui, mais pas tout de suite, c'est pas un besoint pressant, quasi sauveteur. Quelle mauvaise soirée conjuguée à mon incontrôlable peur quand je suis seul ici : comment vais-je faire en août ! dix jours avec piùpiù : peut-être le festival me fera rencontrer quelqu'un que je souhaiterais avoir avec moi durant cette période : Emilie bossera, Tomas est toujours ambigu : j'aime à la croire, etc., etc.
Drôle qu'Aix ne m'inspire aucune crainte. Un mois seul dans mon appart avec aucune connaissances ou presque que je verrais spontanément, volontiers, pour passer une soirée. J'espère vivement que le festival saura m'épuiser, moi et mes soirées. J'inviterai Emilie à venir me voir si elle veut avec des ami-e-s. Tomas pour une ou deux soirées. Mais il y a sûrement des gens charmants là-bas.
Quant à mon appétit sexuel : toujours bien pus d'envie de fantasmes que de réalisations. Je suis né dans le rêve, j'y resterai. Tant pis.
Ecouté une vielle émission de France Q sur H.Guibert : j'ai un peu peur de ses fantasmes mais envie quelques fois une telle vie. Je bavais presque ce matin devant un article sur l'ENS des Beaux-Arts. Il me manque l'art dans ma vie. Art ou amour, art et amour : deux manques d'âme.
J'aimerais écrire, peindre, photographier : pauvreté de l'IEP qui instrumentalise l'art. Pauvreté ou plutôt cécité, imbécillité.
Rêve qu'à l'instant où j'ai une pointe de chair de poule, un corps cahud couvre mon corps hérissé et froid. Un cops soufflant, exhâlant : une chaleur douce qui ne s'échappe pas, qui ne passe pas d'un corps à l'autre mais qui enveloppe, tient dans sa paume.
Minutes heureuses ou plutôt insouciantes quand je note dans ce carnet : repose de la solitude, de la peur qui me prendra dans quelques trois heures. Toute la journée la radio est restée allumée. Entre 10 et 18 heures, j'ai passé 6 heures en dehors de la maison, incapable d'entendre cette musique qui me tient compagnie; la seule.

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Nom : géraud
Lieu : Draguignan/Aix, var, France
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