Trois jours que je dois passer seul à la maison. Reste avec moi, Opium, la télé, la radio et le portable. Seul appareil qui me "lie" à des personnes puis que le téléphone n'a toujours pas été réparé et par conséquent l'internet non plus. Portable bien pratique; j'ai joint le gîte, Adrien pour qu'il me tienne compagnie par voie -voix- de SMS, Emilie à qui j'ai donné rdv demain inconsidérément. Bien sûr que je suis content d'^tre avec elle, heureux même en sa présence mais devoir faire toujours le chemin sans qu'elle ne fasse rien elle-même me décourage souvent ou pis me rend toute mon ametume des années "lycées". Bref cette relation mourra pal, c'est certain. A l'épreuve du mariage de nos trente ans.
Il est mieux que je laisse cette histoire. En fait je comprends chaque jour un peu plus que je ne suis pas aussi solitaire que je ne veux l'affirmer, le clamer, le gueuler. je n'ai pas besoin il me semble d'ue présence matérielle à mes côtés mais un présence proche qui saurait quand venir. Hier encore, j'ai eu cette angoisse que j'avais ressentie la première fois au mois de décembre : serrement, étouffement, besoin de voir, de vivre. En décembre ce fut
Men In Black II, hier une vidéo compilant des enregistrements de vacances par mon oncle. Des bouffées de plaisir,de éclats de rire. Ce que je prends à tort pour de l'ennui profond mais extrêment rare puisque je en souffre pas de ne rien faire du tout, est bien de la souffrance face à la solitude. Désir d'être, quelques instants, avec quelqu'un, quelques jours. Pas longtemps, un moment qui m'empêche de tomber de ce côté douloureux. C'est à ce moment là que, j'ai écrit à Emilie, lui demandant de la voir ce week-end. Elle me réponds, je lui renvoie lundi c'est bien pour moi. Tout en disant je viens te voir je lui dis oui, mais pas tout de suite, c'est pas un besoint pressant, quasi sauveteur. Quelle mauvaise soirée conjuguée à mon incontrôlable peur quand je suis seul ici : comment vais-je faire en août ! dix jours avec piùpiù : peut-être le festival me fera rencontrer quelqu'un que je souhaiterais avoir avec moi durant cette période : Emilie bossera, Tomas est toujours ambigu : j'aime à la croire, etc., etc.
Drôle qu'Aix ne m'inspire aucune crainte. Un mois seul dans mon appart avec aucune connaissances ou presque que je verrais spontanément, volontiers, pour passer une soirée. J'espère vivement que le festival saura m'épuiser, moi et mes soirées. J'inviterai Emilie à venir me voir si elle veut avec des ami-e-s. Tomas pour une ou deux soirées. Mais il y a sûrement des gens charmants là-bas.
Quant à mon appétit sexuel : toujours bien pus d'envie de fantasmes que de réalisations. Je suis né dans le rêve, j'y resterai. Tant pis.
Ecouté une vielle émission de France Q sur H.Guibert : j'ai un peu peur de ses fantasmes mais envie quelques fois une telle vie. Je bavais presque ce matin devant un article sur l'ENS des Beaux-Arts. Il me manque l'art dans ma vie. Art ou amour, art et amour : deux manques d'âme.
J'aimerais écrire, peindre, photographier : pauvreté de l'IEP qui instrumentalise l'art. Pauvreté ou plutôt cécité, imbécillité.
Rêve qu'à l'instant où j'ai une pointe de chair de poule, un corps cahud couvre mon corps hérissé et froid. Un cops soufflant, exhâlant : une chaleur douce qui ne s'échappe pas, qui ne passe pas d'un corps à l'autre mais qui enveloppe, tient dans sa paume.
Minutes heureuses ou plutôt insouciantes quand je note dans ce carnet : repose de la solitude, de la peur qui me prendra dans quelques trois heures. Toute la journée la radio est restée allumée. Entre 10 et 18 heures, j'ai passé 6 heures en dehors de la maison, incapable d'entendre cette musique qui me tient compagnie; la seule.